• Carrousel

    Désolée du long temps d'absence depuis la dernière fois que j'ai posté ! J'ai été prise par mes études et n'ai honnêtement pas vraiment pensé à mon blog, je vous l'avoue. Mais maintenant que ceci est terminé, je vous retrouve en promettant d'être beaucoup, beaucoup plus constante. N'hésitez pas à me dire si vous avez envie de lire quelque chose en particulier ou si vous avez des suggestions pour le graphisme du blog !

    OoO

    Je n’avais pas beaucoup dormi cette nuit. Mon petit maitre s’était réveillé trois ou quatre fois pendant la nuit à cause de cauchemars. Apparemment il avait rêvé que ses parents avaient été remplacés par des personnes à la peau noire comme la suie.

    « Une peau aussi sale que la tienne, 54 ! Tachée de tous les péchés de votre race ! Et j’avais tellement peur que je n’osais pas regarder ma propre peau, par peur qu’elle soit noire, elle aussi. C’était horrible. »

    Mon petit maitre était un garçon angoissé, il l’avait toujours été. Il se réveillait en hurlant la nuit, il ne parlait pas beaucoup aux autres enfants de son âge. Ses parents s’inquiétaient parce qu’il passait plus de temps avec ses esclaves qu’avec des blancs respectables. Ca ne pouvait pas être bon pour son développement psychique ou quelque chose comme ça.

    Comme il faisait beau, Monsieur et Madame m’avaient demandé d’emmener mon petit maitre au parc d’attractions cet après midi. Ca lui changerait les idées, ils disaient. Je n’aimais pas spécialement aller au parc d’attractions. Cela voulait dire beaucoup de temps passé à attendre sous le soleil. J’espérais juste que mon petit maitre ne voudrait pas monter sur le carrousel.

    Malheureusement, nous étions au beau milieu de l’été, et il faisait vraiment très chaud. Mon petit maitre portait un T-shirt et un short mais je devais porter l’uniforme de la maison. Il était un peu trop petit pour moi – ils avaient du se tromper à la laverie en me le donnant – et engoncé comme j’étais, je suais à grosses gouttes avant même qu’on n’arrive. D’abord, il avait fallu rester dans la voiture une bonne dizaine de minutes en plein soleil, le temps de convaincre mon petit maitre de sortir.

    « J’ai peur, 54 ! Il va y avoir plein de monde, et plein de bruit ! Et puis, si ça se trouve, un terroriste va attaquer la foule ! Un de ces hommes qui se font exploser pour la cause des Noirs, un truc comme ça ! J’en ai entendu parler à la télé hier, quand Papa et Maman pensaient que j’étais monté me coucher ! Me fais pas sortir, 54 ! »

    Le seul moyen de le décider fut de lui donner un Xanax et d’attendre les effets de l’anxiolytique. Toujours inquiet, il voulut s’accrocher à ma main. Tous les autres petits enfants de son âge couraient loin devant leurs esclaves qui peinaient à les rattraper, tandis que lui restait collé à moi. Je savais qu’il n’avait pas vraiment le droit de faire ça. Ses parents le lui interdisaient à la maison. Il fallut lui coller une barbe à papa dans les mains pour qu’il concède de lâcher la mienne. Le sucre ramena un peu d’excitation dans son petit corps tremblant de peur et il s’aventura à quelques mètres de moi. Il voulut aller voir les animaux. Je le portais sur mes épaules pour qu’il puisse apercevoir l’ours dans sa tanière et il s’autorisa à rire devant la girafe. Il n’y avait pas beaucoup d’enfants dans le zoo, surtout des adultes qui passaient le temps en attendant que leur progéniture ait fini de s’amuser sur les attractions. Les seuls hommes de ma race portaient l’uniforme du parc et présentaient des rafraichissements aux couples qui se baladaient.

    Mon petit maître ne voulait pas aller sur les attractions. Nous passions devant chacune d’entre elle et toujours il trouvait une bonne excuse.

    « Je n’aime pas les momies, ça me fait peur. »

    « Il y a trop de queue. »

    « Oh non, il y a de l’eau ! Je ne veux pas être mouillé ! »

    Et à mesure que nous avancions, mon cœur se remplissait d’appréhension. Trois attractions de plus et ce serait le carrousel. Je le voyais qui se profilait à l’horizon. Les esclaves qui attendaient à l’arrivée des manèges me regardaient passer avec de la pitié dans leurs yeux en voyant vers où nous nous dirigions. Il était communément admis par ma race que ceux qui se rendaient au carrousel avaient besoin de tout le soutien qu’ils pourraient recevoir. Je vis le regard de mon petit maître s’éclairer alors qu’il apercevait le carrousel. Ses pas se pressèrent. Les miens ralentirent involontairement.

    « Oh 54, le carrousel ! Tu sais comme j’aime ça ! »

    J’aurai voulu lui dire qu’il y avait de la queue là aussi, et peut être que ça lui ferait peur… Mais je n’avais pas le droit de contredire mon petit maître. Alors je dus simplement hocher la tête et le mener au manège. Il s’installa bien droit sur le banc du char qu’il avait choisi. Les Noirs qui s’occupaient du bon fonctionnement du manège me menèrent à ma place. Ils n’osaient pas me regarder dans les yeux. Je tombais à genoux devant le char, dos à mon maître. J’acceptais le mors qu’on me mit dans la bouche. On donna les rênes à l’enfant. La dernière fois j’avais perdu une dent tant il avait tiré. Puis ils me retirèrent ma chemise. Je me mis à quatre pattes et me concentrai sur le sol de bois sous moi, incapable de regarder devant moi les autres esclaves qui étaient dans la même position que moi. Je voyais quand même l’ombre d’un éléphant de plastique sur lequel était monté un enfant. Il tenait déjà son fouet à la main.

    Le manège se mit doucement en marche. J’entendis le premier claquement avant de sentir la douleur. Les rires hystériques des enfants remplissaient mes oreilles tandis que le sang commençait à couler de mon dos. Je savais que je ne devais pas regarder mon petit maître mais je ne pus m’empêcher de jeter un œil derrière moi. Ce n’était plus le même petit garçon inquiet qui essayait de s’accrocher à ma main parce qu’il avait peur de tout. Il y avait désormais dans ses yeux une lueur cruelle, une excitation sadique. Sa main ne trembla pas quand il fit à nouveau claquer le fouet. Et le carrousel continuait de tourner.

     


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